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Critique d’album ”God of the Dead” par Rosetta West

  • Photo du rédacteur: CHARLES
    CHARLES
  • 7 août 2025
  • 2 min de lecture

God of the Dead” de Rosetta West n’est pas un simple album c’est une incantation. Dès les premières notes, il ne s’agit plus d’écouter, mais d’entrer dans un espace sacré et enfumé, sculpté à partir d’amplis brûlés et de prophéties murmurées. Originaire du cœur hanté de l’Illinois, le groupe fusionne blues rock marécageux, grooves rituels et poésie mystique pour créer un paysage sonore semblant émerger d’une cérémonie oubliée. Joseph Demagore mène la danse tel un prédicateur en transe, évoquant des visions à chaque râle, chaque accord, chaque note de piano. Chaque morceau de “God of the Dead” suit un chemin différent parfois pieds nus sur des braises, parfois porté par des nuages d’encens. Le refus du groupe de se fixer sur un genre unique n’est pas une hésitation, c’est une insoumission. Un instant, on se noie dans une psychédélie tourbillonnante ; l’instant d’après, on s’agrippe à une ballade acoustique dépouillée. “Midnight”, avec Louis Constant à la basse, pulse comme une séance de spiritisme au ralenti, tandis que “Boneyard Blues” explose avec une énergie profane, alimentée par la batterie volcanique de Caden Cratch.


Rosetta West est un groupe qui vénère l’atmosphère. L’instrumentation est souvent rugueuse, mais délibérément ici, il ne s’agit pas de perfection, mais de possession. Sur ce disque, la distorsion devient sacrée, et les larsens sont traités comme des textes sacrés. La basse d’Orpheus Jones ne se contente pas de soutenir les morceaux ; elle rôde, gronde, façonne l’espace comme une bête sauvage gardienne du rêve. Quant aux ballades au piano de Demagore, elles sont des interludes à la bougie entre deux tempêtes des instants de beauté fragile au cœur du chaos. “God of the Dead” ne semble pas simplement composé de chansons, mais plutôt d’un véritable jugement. Rosetta West ne cherche ni à plaire aux radios ni à devenir viral ; ils jouent comme s’ils canalisaient des messages venus d’ailleurs, de plus profond, de plus ancien.


L’album vibre d’un désir spirituel ardent et d’ombres inquiets, avec des textes qui convoquent à la fois les mythes anciens et les ténèbres intérieures. On ne termine pas cet album on en ressort transformé, peut-être un peu ébranlé, peut-être un peu sauvé. Ce groupe n’est pas fait pour les algorithmes. Il a été forgé dans le feu, dur comme la pierre, et trop ensorcelé pour s’intéresser aux tendances. Leur discographie se cache à la vue de tous, nichée dans les coins les plus obscurs d’internet et dans d’autres lieux plus inexplicables. Rosetta West ne cherche pas seulement des mécènes fortunés ils les méritent. Car God of the Dead n’est pas juste un disque c’est une offrande, forgée avec rage, vision, et une âme indomptable.


écrivain: Charles

 
 
 

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