Critique d’album : “Only Love” par Jenny Maybee
- CHARLES

- 26 août 2025
- 2 min de lecture

“Only Love” de Jenny Maybee se présente comme une déclaration éclatante d’art, prouvant que le jazz peut évoluer tout en gardant son âme. L’album est une toile vivante où l’improvisation, la narration et une production audacieuse se rencontrent. Dès les premières notes, ses lignes de piano se déploient comme des coups de pinceau lumineux sur une toile cinématographique. Chaque phrase semble à la fois libre et intentionnelle, peignant une atmosphère où l’auditeur devient à la fois participant et témoin d’un récit en mouvement. Ce n’est pas seulement du jazz c’est une réinvention des possibilités du genre dans un monde moderne. Ce qui distingue ce disque est la manière intrépide dont il entrelace la chaleur acoustique et l’innovation électronique.
Le piano de Jenny ne domine pas les arrangements, il s’y fond, oscillant entre voix principale et texture atmosphérique. La collaboration avec Isha The Mad Scientist Erskine ajoute une richesse à la production qui intensifie les contrastes de l’album douceur contre audace, intimité contre ampleur. Le résultat est un paysage sonore où des envolées orchestrales se heurtent à des rythmes modernes, sans que rien ne paraisse déplacé. Chaque choix sonore semble minutieusement façonné pour accentuer la résonance émotionnelle. Sa voix est tout aussi remarquable à la fois pleine d’âme et maîtrisée, vulnérable et affirmée. Jenny ne chante pas seulement, elle incarne l’essence émotionnelle de ses morceaux. Sur des titres comme “No Resistance”, la profondeur de son timbre transmet à la fois l’élan du désir et la force de la libération.
Les harmonies apportées par Larry Batiste ajoutent des couches de chaleur humaine, rappelant que l’amour, dans sa forme la plus authentique, est à la fois intime et collectif. Ensemble, ces textures vocales deviennent un dialogue qui amplifie la sincérité émotionnelle de l’album. La section rythmique mérite également d’être saluée. La batterie de Nick Carico, sans jamais être ostentatoire, pulse avec une énergie constante, tandis que la basse d’Ariane Cap apporte une assise solide qui garde la musique ancrée, même lorsqu’elle explore des territoires inattendus. Leur complicité crée une fondation permettant aux élans exploratoires de Jenny de s’épanouir sans perdre en cohérence. C’est un équilibre rare discipline et liberté se rejoignent qui rend l’album aussi stimulant pour l’esprit qu’émouvant pour le cœur.
En définitive, “Only Love” est un saut audacieux vers l’avenir de la musique teintée de jazz, démontrant que tradition et innovation ne sont pas opposées mais complémentaires. Jenny Maybee a façonné bien plus qu’un album ; elle a sculpté un univers sonore où les frontières se dissolvent et où l’émotion occupe le premier plan. Chaque morceau invite l’auditeur à se laisser porter, à voyager entre grandeur cinématographique et intimité délicate. Le résultat est une expérience qui persiste bien au-delà de la dernière note un rappel que la musique, lorsqu’elle est créée avec audace, a le pouvoir d’élargir à la fois le genre et le cœur.
écrivain: Charles








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