Critique de « Pretty Sparkly Things » par Energy Whores
- CHARLES

- 26 sept. 2025
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Le dernier single d’Energy Whores, « Pretty Sparkly Things », frappe comme une enseigne au néon sur un mur en ruine fascinante au premier regard, mais implacable dans ce qu’elle révèle derrière son éclat. Le duo new-yorkais ne fait aucune concession en démantelant la culture du luxe, les illusions des influenceurs et le culte des milliardaires, avec une férocité à la fois dansante et acérée. Au fond, le morceau est une mise en accusation étincelante d’un monde où les riches exhibent leur excès tandis que le reste de la société ploie sous la pression économique. Dès ses premières mesures, la production hypnotise. Des synthés pulsants, des rythmes électroniques anguleux et un chant oscillant entre sarcasme mordant et incantation envoûtante donnent l’impression d’un morceau de club à trois heures du matin mais les paroles frappent plus fort que les lumières de la piste. Des lignes sur des boîtes de pilules vides, des photos retouchées et la décadence des coulisses arrachent l’auditeur à la transe, l’obligeant à affronter les vérités grotesques dissimulées derrière les paillettes. La vision de Carrie Schoenfeld pour Energy Whores a toujours été de mêler feu politique et audace musicale, et « Pretty Sparkly Things » l’illustre parfaitement.
La satire n’y sonne jamais creuse ; elle porte au contraire une urgence, un appel à se réveiller du rêve fabriqué de richesse et de glamour. Quand elle chante sur une société qui brandit des idéaux inaccessibles, ce n’est pas qu’un simple commentaire : c’est un démontage du mécanisme conçu pour maintenir les gens distraits et dociles. En annonçant l’album Arsenal of Democracy (prévu pour octobre 2025), ce single fait figure de manifeste avant-coureur. Le mélange d’électro-pop, de rock expérimental et de lyrisme inspiré du folk crée des paysages sonores à la fois dansants et confrontants. Ce contraste entre rythme entraînant et vérités brutales donne à leur musique une persistance qui dépasse la simple écoute. C’est une musique pour bouger, mais jamais pour fermer les yeux. Ce qui distingue Energy Whores, c’est autant leur expérimentation sonore que leur engagement sans faille envers la vérité. Schoenfeld se décrit comme une « incendiaire lyrique », et la formule lui va à merveille chaque vers détruit les illusions érigées par le consumérisme, révélant les cendres et les décombres en dessous.
Le guitariste Attilio Valenti ancre cette rébellion avec des arrangements texturés qui confèrent à ce chaos une intensité maîtrisée. Ensemble, ils manient le son comme une arme autant qu’un témoignage, créant une atmosphère qui tient à la fois de la performance artistique et de la révolution sociale. « Pretty Sparkly Things » est plus qu’une chanson c’est un manifeste déguisé en hymne électro. Il brille de l’attrait immédiat de la pop électronique, mais porte la morsure d’un chant de protestation, rappelant que le luxe que l’on nous incite à désirer repose sur la souffrance d’autrui. Energy Whores continue de tracer sa propre voie : brute, intrépide et sans filtre. Avec ce titre, ils prouvent une fois encore que leur musique n’est pas faite pour fuir la réalité, mais pour la défier, enveloppée de rythmes, invitant le public à danser tout en fixant la vérité en face.
écrivain: Charles










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