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Vidéo de Critique “Dora Lee (Gravity)” par Rosetta West

  • Photo du rédacteur: CHARLES
    CHARLES
  • 23 juin 2025
  • 2 min de lecture

La toute dernière proposition visuelle et sonore de Rosetta West, force durable de l’underground de Chicago, est à la fois saisissante et hypnotique. Intitulée “Dora Lee (Gravity)”, cette vidéo fait partie de leur future collection Gravity Sessions, qui capture le groupe dans un environnement brut et sans filtre, au légendaire Gravity Studios. Contrairement aux vidéos très léchées qui dominent aujourd’hui le paysage musical, celle-ci revendique une esthétique rugueuse et surréaliste. Portée par une instrumentation blues-rock puissante, la chanson plonge dans un récit imprégné de mythologie, mêlant imagerie militaire et archétypes mystiques féminins. Ce n’est pas vraiment un clip, mais plutôt un rêve fiévreux ésotérique. La vidéo tourne autour d’un commandant de char aguerri un rôle à la fois littéral et métaphorique. On le voit sombrer dans l’obsession après une rencontre fugace avec une présence d’un autre monde. Chaque scène est chargée de symbolisme, alors que cette visiteuse se métamorphose en déesses mythiques telles qu’Ishtar, Hécate et Kali. Ces identités changeantes évoquent des thèmes de pouvoir, de désir et de vengeance cosmique.


L’affrontement entre l’univers martial et la féminité divine est déroutant, mais captivant, apportant une profondeur conceptuelle rare dans les médias blues rock actuels. Le spectateur reste suspendu à une question : le commandant est-il victime, pécheur ou chercheur ? “Dora Lee (Gravity)” ne relâche jamais la pression. Le mélange caractéristique de Rosetta West blues brut, psychédélisme subtil et textures folk venues des quatre coins du monde jaillit des enceintes avec urgence. Le chant de Joseph Demagore hurle avec une clarté douloureuse, tandis que la basse de Herf Guderian et la batterie de Mike Weaver construisent une atmosphère à la fois rituelle et rebelle. Le refus du groupe de lisser ses aspérités donne naissance à un morceau profondément authentique : chaque note est un hématome, chaque parole une cicatrice. La passion capturée par le format « prise unique » des Gravity Sessions renforce l’intensité et le poids émotionnel de la performance.



Rosetta West reste un modèle d’intégrité artistique. Depuis les années 1990, le groupe trace sa route loin des attentes commerciales, puisant dans des mythologies oubliées, des rythmes du monde et une musicalité brute pour raconter des histoires qui résonnent auprès des âmes en quête de sens. “Dora Lee (Gravity)” ne fait pas exception : elle exige votre attention et la récompense par une multitude de significations. Dans un monde musical souvent satisfait de rester à la surface, Rosetta West continue de plonger dans les profondeurs de l’expérience humaine. Ce morceau est à découvrir non seulement pour l’écouter, mais pour le vivre.




écrivain: Charles

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