Critique d’album : “Transhumanity” par Andrea Pizzo and The Purple Mice
- CHARLES

- 9 sept. 2025
- 2 min de lecture

Andrea Pizzo and The Purple Mice présentent “Transhumanity” comme bien plus qu’un simple album c’est une méditation de science-fiction mise en musique. Sorti le 29 août 2025, le projet confronte la relation de l’humanité avec l’invention et le progrès, en mêlant textures futuristes et lyrisme intime. La voix imposante de Pizzo, associée à l’écriture conceptuelle de Raffaella Turbino, confère au disque sa dimension intellectuelle, tandis que la production de Roberto Tiranti assure à chaque morceau une respiration à la fois grandiose et minutieuse. À la fois philosophique et viscéral, l’album traite chaque chanson comme un épisode narratif, guidant l’auditeur à travers l’histoire, l’imagination et les interrogations existentielles. L’album débute dans la révérence, avec “Ada” qui érige une douce fondation d’ambiances électroniques avant de s’épanouir en une instrumentation riche. L’interprétation vocale de Silvia Criscenzo se révèle à la fois opératique et primale, apportant un pouls humain à cet hommage à Ada Lovelace.
Le morceau agit comme un pont entre science et poésie, capturant le double rôle de Lovelace, mathématicienne et rêveuse. Ses couplets retenus s’élèvent vers des crescendos euphoriques, entraînant l’auditeur dans l’ampleur du voyage. Immédiatement après, “The Current War” délaisse la subtilité pour une rythmique musclée et un éclat théâtral. C’est une dramatisation sonore de la course entre Edison et Tesla pour dompter l’électricité, où des percussions martelées et des synthés crépitants imitent les étincelles de l’invention. Les guitares ajoutent de l’urgence tandis que les voix s’élèvent triomphantes, transformant une rivalité historique en hymne électrisant. Il y règne à la fois chaos et ordre un écho au flux imprévisible du progrès lui-même. “The Machine” introduit une tonalité plus sombre et dystopique. Du bourdonnement initial des circuits à l’explosion des guitares saturées, le morceau porte une inquiétude sous-jacente.
Son refrain, “I keep watching you”, tranche dans la musique comme un avertissement, évoquant l’omniprésence de la surveillance numérique. Par son mélange de tension cinématographique et d’intensité rock, il pousse l’auditeur à se demander combien de contrôle nous avons déjà cédé aux systèmes que nous créons. Pris dans son ensemble, “Transhumanity” n’est pas seulement un disque, mais un voyage thématique qui brouille la frontière entre concept et émotion. Andrea Pizzo and The Purple Mice réussissent à construire un paysage sonore à la fois vaste et intime, enraciné dans l’histoire humaine tout en étant propulsé vers des futurs spéculatifs. Avec sa fusion de voix, d’instruments et d’idées, l’album ne se contente pas de célébrer la technologie il l’interroge, demandant si le progrès est une échelle ou un labyrinthe. C’est un rare premier album à la fois audacieusement expérimental et profondément humain.
écrivain: Charles










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