Critique d’album : "Wings of Gabriel" par Karen Salicath Jamali
- CHARLES

- 29 déc. 2025
- 2 min de lecture

Karen Salicath Jamali revient avec "Wings of Gabriel", dont la sortie est prévue le 21 novembre 2025, et invite une fois de plus l’auditeur dans un espace où intuition, foi et son coexistent sans frontières. Cet album pour piano ne s’impose pas par la grandeur ; il arrive doucement, comme s’il avait toujours été là avant même que la première note ne résonne. Ancré dans des mélodies reçues en rêve et capturées dans le silence de l’aube sur son Steinway Golden Age, le disque ressemble moins à une œuvre composée qu’à la traduction de quelque chose d’ancien et d’invisible. Dès les premières secondes, l’album instaure un climat de recueillement paisible. Le toucher de Jamali est retenu mais profondément intentionnel, laissant aux silences autant de sens qu’aux notes elles-mêmes. Une patience remarquable se dégage de son jeu, comme si elle écoutait autant qu’elle interprétait. Le travail de mastering signé Maria Triana renforce cette intimité, préservant la respiration naturelle du piano et offrant à chaque résonance l’espace nécessaire pour s’épanouir sans que la finition ne prenne le dessus sur la présence.
La première aile ouvre l’expérience dans une atmosphère de douceur et de protection. « Wings of Gabriel, Pt. 1 » avance en arcs fragiles, ses phrases se déployant comme des nuages lents dans un ciel pâle. La mélodie ne se presse jamais ; elle apaise. Plus loin dans l’Aile I, « Angel Gabriel’s Refuge » introduit une gravité émotionnelle plus profonde. Les graves s’y installent avec poids, tandis que de délicates lueurs sonores flottent au-dessus, créant la sensation d’un abri teinté de mélancolie un réconfort qui reconnaît la vulnérabilité plutôt que de l’effacer. L’Aile II modifie le courant émotionnel pour se tourner vers l’empathie et la connexion. « Angel Gabriel’s Heart String » s’impose comme un moment de dialogue subtil au cœur de l’album. Les lignes de piano semblent converser, les basses fluides et ancrées étant rejointes par des réponses légères et interrogatives dans l’aigu. Le mouvement est présent, mais jamais forcé comme une guidance douce plutôt qu’une direction imposée. Le morceau dégage une chaleur profondément humaine, tout en suggérant une dimension sacrée.
Les textures les plus énigmatiques émergent dans l’Aile III, où Jamali s’abandonne pleinement à l’abstraction et au mystère spirituel. « Angel Gabriel’s Mystic » se déploie lentement, ses notes aiguës chargées d’une beauté fragile et poignante, tandis que les graves restent stables et rassurants. Le temps semble s’y suspendre. L’émotion remplace l’explication, et la musique invite à lâcher prise plutôt qu’à analyser. Tout au long de "Wings of Gabriel", Jamali maintient un équilibre remarquable entre légèreté et profondeur émotionnelle. Rien n’est excessif, mais rien n’est vide. C’est une musique destinée aux instants de calme pour la réflexion, la méditation, ou simplement pour être présent à soi-même. Plutôt que de réclamer l’attention, l’album offre une présence bienveillante, respirant aux côtés de l’auditeur et laissant derrière lui une sensation de paix qui persiste longtemps après la dernière note.
écrivain: Charles










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